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Quels référentiels d’écoconception numérique sont réellement adoptés dans les projets ?

Sommaire

Introduction

Face à la montée des enjeux environnementaux et à la pression pour réduire l’empreinte carbone du numérique, l’écoconception web devient un impératif pour nombre d’agences et d'acteurs du digital. Pourtant, malgré la disponibilité de plusieurs référentiels censés guider ces démarches, il restait jusqu’à présent difficile de savoir lesquels sont réellement utilisés sur le terrain. L’article de GreenIT.fr, daté du 4 septembre 2025, s’appuie sur une étude fondée sur plus de 600 projets réels pour répondre à cette question cruciale.

Les types de référentiels disponibles

L’article identifie deux grandes familles de référentiels : d’un côté ceux directement liés à la performance environnementale du web (comme le Référentiel général d’écoconception de services numériques - RGESN ou les 115 bonnes pratiques de GreenIT.fr), et de l’autre, ceux centrés sur les méthodologies de projet (ex. : RGESN, EEN, Sustainable Web Design...)

Certains référentiels offrent une granularité fine orientée techniques - souvent plébiscités par les experts - tandis que d’autres, aux principes plus abstraits, sont intégrés plus volontairement par des profils non techniques comme les chefs de projets RH ou les décideurs produit.

Méthodologie de l’étude

L’analyse de GreenIT.fr repose sur un échantillon de 612 projets numériques évalués au cours des 24 derniers mois, utilisant des outils d’audit et des questionnaires structurés auprès de professionnels du numérique. Cette méthode permet de mettre en évidence les référentiels déclarés comme utilisés mais surtout ceux effectivement suivis dans la pratique (analyse de conformité à partir d'audits techniques).

La distinction est essentielle entre l’intention déclarée et la mise en œuvre réelle.

Les référentiels les plus plébiscités

Parmi les résultats les plus marquants de l’étude :

  • GreenIT.fr (115 bonnes pratiques) : utilisé de façon effective sur plus de 70 % des projets audités.
  • RGESN (Référentiel Général d’Écoconception des Services Numériques) : utilisé de manière partielle dans environ 40 % des projets, considéré comme contraignant.
  • Designers Ethiques & Fruggr : moins adoptés malgré leur notoriété dans les conférences.
  • Sustainable Web Design : souvent cité mais peu présent dans la couche opérationnelle, faute d’outils concrets à disposition.

La facilité de mise en œuvre et la documentation associée sont des facteurs clés dans l’adoption effective.

Mise en œuvre pratique dans les projets

En réalité, très peu d’équipes intègrent un référentiel du début à la fin du projet. L’immense majorité procède par l’intégration ponctuelle de bonnes pratiques, souvent dans des sprints spécifiques. En moyenne, un projet n’intègre que 25 à 35 % des pratiques recommandées dans un référentiel complet.

L’absence de formation dédiée dans les cursus initiaux et le manque d’outils embarqués dans les workflows habituels expliquent en partie cette adoption partielle.

Freins à l’adoption et leviers incitatifs

Les blocages identifiés par les professionnels sont multiples :

  • L’absence de ROI clair et mesurable sur les gains environnementaux pour les clients finaux.
  • Le manque de support ou de sponsor en interne.
  • Un effort de documentation trop important à fournir.
  • Le faible impact perçu sur la performance commerciale du site produit.

Parmi les incitations efficaces recensées :

  • Disponibilité d’outils d’aide au suivi automatique.
  • Intégration dans des démarches RSE ou ISO au sein des entreprises.
  • Demande explicite des clients finaux, notamment dans les marchés publics.

Perspectives et recommandations

L’étude propose plusieurs pistes pour améliorer l'intégration réelle de l’écoconception :

  • Créer des modèles intégrés aux outils quotidiens (CMS, IDE, outils de suivi de projet).
  • Lier l’écoconception aux enjeux UX/UI pour décloisonner l’approche technique.
  • Former les étudiants en design et développement dès leur cursus initial.
  • Simplifier les référentiels, notamment dans la structure de documentation technique.

L’hybridation des approches agiles et de l’écoconception reste un levier trop peu activé.

Conclusion

En résumé, bien que de plus en plus de professionnels du numérique prétendent intégrer l’écoconception dans leurs projets, peu d’entre eux appliquent les référentiels dans leur intégralité. Ce sont les référentiels les plus opérationnels, documentés et faciles à intégrer qui tirent leur épingle du jeu. Pour renforcer cette adoption, il faudra non seulement outiller les équipes mais aussi transformer leur culture de projet vers une logique systémique de sobriété numérique. Une tâche de fond qui ne pourra se faire qu’à travers formation, outils accessibles et volonté politique forte des directions métiers.

Thématique : Écoconception numérique

Sujet principal : Utilisation réelle des référentiels d’écoconception numérique dans les projets web

Source : https://www.greenit.fr/2025/09/04/quels-sont-les-referentiels-decoconception-vraiment-utilises/